Une génération de braillards, d'assistés et de quémandeurs

Ces jeunes qu'on voit descendre dans la rue sont les produits d'une époque difficile, mais aussi d'une éducation calamiteuse. Les enfants nés dans les années 1980 ont été élevés dans l'idée que la jeunesse était le moteur de la société, du changement, de l'Histoire.  Ils ont été encensés avec une démagogie extrême. On les a traités comme des citoyens à part entière bien avant leurs 18 ans. C'étaient les rois.

Ils sont les enfants d'une génération qui a déposé dans leurs berceaux toutes les merveilles qu'ils avaient arrachées aux générations précédentes : des libertés nouvelles, des droits inédits, le culte de l'autonomie et de l'hédonisme, l'obsession du développement personnel, le goût de la tolérance, mais aussi le réflexe du moi d'abord. Pétris d'utopies et d'idéologies, les enfants de 68 ont donné naissance à des jeunes pragmatiques et raisonneurs, décidés à ne pas s'en laisser conter, mais pas forcément à remettre en question les valeurs dont on les a équipés. Il n'est pas certain que celles-ci les préparent à affronter l'avenir. 

Les enfants du désir, si choyés, si aimés, prennent le réel en pleine figure. C'est un choc auquel ils étaient peu préparés. Leurs parents leur ont répété qu'ils ont droit à la sécurité dans tous les domaines, et même à la réussite. On a fabriqué du ressentiment. Car l'atterrissage est cruel. Ils étaient des héros. Ils tombent de haut.

L'esprit d'aventure a déserté le monde...