Peut-on se fier à son intuition au moment des décisions importantes ?

Le premier mouvement n'est pas forcémént le bon. Méfions-nous des souvenirs fortement émotionnnels qui nous submergent inopinément ! Ils peuvent être de mauvais conseillers : le signal qu'ils envoient peut être dépassé, la situation actuelle peut n'avoir qu'un rapport vague avec celle qui a suscité l'émotion initiale. Le système manque de précision. La réaction spontanée peut être excessive, abusive, hâtive. Il s'agit donc de rendre intelligentes des émotions qui sont souvent frustes - car remontant à la plus tendre enfance - en les pondérant par la réflexion, l'analyse, le jugement. Il faut harmoniser la vie affective et la pensée, le cœur et la tête, le cerveau primitif et le néocortex, le caractère inné et les enseignements de la vie.

Nous avons deux cerveaux, deux esprits, deux formes d'intelligence : l'intelligence rationnelle (les mots) et l'intelligence émotionnelle (le langage non verbal). Il faut utiliser les deux et les faire fonctionner de concert. Sans les sentiments profonds, la raison est aveugle. Sans la raison, les instincts sont une boussole qui s'affole.

La fluidité est le summun de l'intelligence émotionnelle ; elle permet de s'atteler aux entreprises les plus difficiles sans effort. Tout le monde a fait cette expérience énivrante d'être absorbé des heures durant dans une tâche ardue au point d'en oublier le boire et le manger et de n'en éprouver aucune lassitude : le plaisir et le travail, l'effort et le repos, la peine et l'ivresse sont confondus. Ceux qui réussissent à l'école ou dans la vie professionnelle ont plaisir à travailler et à étudier en prenant appui sur leurs talents naturels, leurs points forts, leurs centres d'intérêts. C'est la clé du succès.

Enfin, l'intelligence émotionnelle explique l'influence sociale et la popularité : le leader charismatique exprime ses émotions et ce faisant se fait l'écho de celles du groupe.

Source : L'intelligence émotionnelle : comment transformer ses émotions en intelligence / Daniel Goleman. Paris : Laffont,1997

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