Variations

Blog anti-bourrage de crâne : contre l'asservissement des esprits par le tapage médiatique. Au service de la seule vérité et pour la plus grande joie des gens libres et facétieux. Par dessus tout, je célèbre avec faste la beauté lumineuse de la Création...

18 juillet 2008

Force et faiblesse de l'esprit européen

La thèse de Mattei, selon laquelle la force de la culture européenne vient de la conscience aigüe du relativisme de toute culture, est intéressante mais paradoxale et discutable.

Certes, un homme conscient de la relativité de ses convictions est plus lucide qu'un individu qui croit dur comme fer à ses idées sans penser qu'elles sont discutables et limitées à un lieu et à une époque. De même, toute culture étant définie par un ensemble de valeurs, l'Europe serait supérieure par la conscience de la relativité de toute valeur.

Mais cette thèse a des limites : de quel point de vue la culture européenne est-elle supérieure ? On n'est jamais supérieure dans l'absolu, on n'est supérieur que d'un certain point de vue (supériorité économique, militaire, morale) ou du point de vue de la conscience (capacité à prendre du recul par rapport à nos perceptions ou nos idées et donc à voir qu'elles sont limitées et relatives)... ce qui est le propre de la culture européenne !

Je veux simplement dire que la conscience du relativisme, l'esprit critique - "les Lumières" - sont la valeur centrale de la culture européenne, alors que pour une autre culture la valeur centrale sera la force brute par exemple, et qu'elle s'estimera supérieure justement sur ce point qui est sa valeur centrale !

Imaginons une culture barbare dont la valeur centrale est la force brute. Reposant sur la croyance en la seule force, cette culture va encourager la guerre à outrance et le recours systématique à la violence et elle sera sans doute, sur ce point, supérieure aux autres cultures : elle aura une armée plus aguerrie, des soldats plus motivés et elle remportera des victoires militaires. Toute culture se reconnaît dans une valeur centrale où elle excelle et elle est objectivement supérieure aux autres du point de vue de cette valeur.

De même la culture européenne met en avant l'intellect et l'esprit d'examen, donc elle encourage ces valeurs par la promotion des sciences, le financement des bibliothèques et des universités etc. Elle est donc plus forte que les autres cultures dans ce domaine, ce qui ne lui confère aucune supériorité objective. Elle est supérieure aux autres cultures du point de vue de sa valeur centrale.

L'Europe perçoit le relativisme comme une marque d'excellence sans penser que le fait de croire à la conscience est lui-même une valeur toute relative. Du point de vue de Nietzsche par exemple, la conscience critique, la capacité à questionner et à se remettre en cause sont une faiblesse et non une force et cette intuition semble corroborée par des derniers développements des neurosciences.

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24 février 2007

Marchands d'illusions

Par acquis de conscience, j'ai pris connaissance des cent propositions qui constituent le programme de la candidate socialiste : un catalogue de bonnes intentions et de vaines promesses ! Aucune vision de la France, de son destin, de son génie, de son avenir à un moment pourtant crucial de son histoire et comme si la vie des nations était un long fleuve tranquille !

On est loin, très loin de Mendès, qui se faisait une tout autre idée de la gauche, de la politique et de la patrie et qui soit dit en passant dénonçait en son temps les dérives inévitables de l'élection présidentielle au suffrage universel. Hélas, l'actualité semble lui donner raison.

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11 septembre 2006

L'intelligence émotionnelle

Peut-on se fier à son intuition au moment des décisions importantes ?

Le premier mouvement n'est pas forcémént le bon. Méfions-nous des souvenirs fortement émotionnnels qui nous submergent inopinément ! Ils peuvent être de mauvais conseillers : le signal qu'ils envoient peut être dépassé, la situation actuelle peut n'avoir qu'un rapport vague avec celle qui a suscité l'émotion initiale. Le système manque de précision. La réaction spontanée peut être excessive, abusive, hâtive. Il s'agit donc de rendre intelligentes des émotions qui sont souvent frustes - car remontant à la plus tendre enfance - en les pondérant par la réflexion, l'analyse, le jugement. Il faut harmoniser la vie affective et la pensée, le cœur et la tête, le cerveau primitif et le néocortex, le caractère inné et les enseignements de la vie.

Nous avons deux cerveaux, deux esprits, deux formes d'intelligence : l'intelligence rationnelle (les mots) et l'intelligence émotionnelle (le langage non verbal). Il faut utiliser les deux et les faire fonctionner de concert. Sans les sentiments profonds, la raison est aveugle. Sans la raison, les instincts sont une boussole qui s'affole.

La fluidité est le summun de l'intelligence émotionnelle ; elle permet de s'atteler aux entreprises les plus difficiles sans effort. Tout le monde a fait cette expérience énivrante d'être absorbé des heures durant dans une tâche ardue au point d'en oublier le boire et le manger et de n'en éprouver aucune lassitude : le plaisir et le travail, l'effort et le repos, la peine et l'ivresse sont confondus. Ceux qui réussissent à l'école ou dans la vie professionnelle ont plaisir à travailler et à étudier en prenant appui sur leurs talents naturels, leurs points forts, leurs centres d'intérêts. C'est la clé du succès.

Enfin, l'intelligence émotionnelle explique l'influence sociale et la popularité : le leader charismatique exprime ses émotions et ce faisant se fait l'écho de celles du groupe.

Source : L'intelligence émotionnelle : comment transformer ses émotions en intelligence / Daniel Goleman. Paris : Laffont,1997

Sauvons la blogoshère !


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29 avril 2006

Tous enfants uniques

Cyrulnik est le grand spécialiste du malheur humain et de la résilience. Il aborde incidemment - ce n'est pas le sujet principal du livre - le paradoxe suivant : on n'a jamais si bien entouré les enfants et ils n'ont jamais été aussi déprimés ni aussi anxieux.

Il constate de plus - statistiques à l'appui - qu'une minorité significative d'enfants de milieux favorisés et éclairés ont des problèmes de comportement : obésité, hyperactivité, enfants tyranniques, suicide, drogue, délinquance, fugues etc. Il propose l'explication suivante à ce phénomène qui prend une ampleur croissante et une dimension mondiale.

Trop, c'est trop et la pléthore affective est pis que la carence affective. L'excès de sollicitude tue le désir, le goût de l'effort, le sens social, l'envie de se battre, de progresser, d'apprendre, le courage d'entreprendre, la soif de succès, le plaisir de vivre. Les frustrations, les épreuves, les punitions, les séparations et les deuils font partie du parcours de formation. L'être humain est programmé pour l'effort, le combat, la victoire. L'apprentissage de la vie, de l'autonomie, de l'altérité, des limites passent par là.

Il n'y a rien de plus imparfait que des parents parfaits, irréprochables, hyperprotecteurs, trop permissifs, trop dévoués. Les erreurs des parents, leurs limites et leurs défauts suscitent au contraire une saine révolte chez l'enfant, le rassurent sur ses propres insuffisances et lui donnent l'envie de progresser, de faire mieux, de se libérer de leur tutelle, de devenir lui-même et de vivre sa vie. Éprouver le manque et l'ennui permet de le combler avec ses propres désirs et ses propres rêves.

Un milieu trop permissif exerce sur l'enfant une violence extrême particulièrement insidieuse et pernicieuse puisqu'il détruit ses potentialités créatives. Énoncer clairement les interdits est sécurisant pour l'enfant : ce qui n'est pas frappé d'interdit est autorisé ; l'interdit donne forme au désir et permet de sortir de la confusion et d'échapper à l'angoisse générée par le flou.

Source : Parler d'amour au bord du gouffre / B. CYRULNIK. Éditions Odile Jacob, 2005

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18 avril 2006

Le tribalisme de l'échec scolaire

La dictature des masses : un cauchemar, non une réalité !

Chez les garçons, l'échec scolaire est revendiqué : c'est ce qu'on appelle le tribalisme de l'échec, l'échec comme signe de la tribu. Dans la mentalité masculine, tout ce qui se rapporte à l'école en général et à la lecture en particulier relève de la féminité. D'après les adolescents, le lecture appartient à un monde efféminé, qui les exclut et qu'ils rejettent : "La lecture, c'est pour les pédés !". Accepter le livre et la lecture serait passer dans le camp des autres, ce serait une trahison. La virilité pour eux est synonyme d'inculture voire de barbarie.

Source : Tout sur l'école / Alain Bentolila. Odile Jacob, 2006

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13 février 2006

Le Prophète en armes

Je recommande chaleureusement le DVD Mohamet, un film coproduit par Arte en 2001. Cette fascinante saga documentaire raconte la vie du Prophète et permet de mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui car cette histoire se transmet de génération en génération et est toujours très présente à l'esprit des musulmans.

Mahomet était aussi un chef de guerre et un fin politique et l'islam s'est imposé d'abord par les armes, dans le fracas des batailles. Le coup de génie du Prophère a été d'unifier les tribus et les clans d'Arabie qui se livraient à une guerre sporadique pour les lancer à l'assaut des empires du nord sur le déclin avec le succès que l'on sait. Il a créé une communauté, indissolublement politique et religieuse.

Le sabre est toujours l'emblème de l'Arabie et symbolise les vertus guerrières des tribus du désert.

Les hommes ne partagent que ce qui les dépasse

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04 février 2006

Dans la cage aux fauves

On livre ce que le pays a de meilleur - la fine fleur de sa jeunesse - à des hordes de sauvageons, des bandes de gosses analphabètes et sournois, des brutes tout juste capables d'aligner une cinquantaine de borborygmes.

"Les profs sont là pour se faire enculer par les ânes, sous les huées de la foule". Tel est le cauchemar que décrit le jeune héros du roman de Pierre Jourde Festins Secrets.

Bien entendu, il s'agit d'une œuvre imaginaire et satirique. Personne ne pense sérieusement que l'Éducation Nationale soit ce Léviathan effrayant et dérisoire ayant pour seule vocation de profaner le savoir et de broyer ses fidèles serviteurs.

La réalité du désatre !


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26 décembre 2005

Les maîtres censeurs

Le livre d'Élisabeth Lévy permet de comprendre le fossé qui sépare la scène politico-médiatique du pays profond.

Depuis trente ans, la vie intellectuelle en France est stérile. Il n'est plus possible de débattre librement et sereinement de certains sujets sensibles. Une chape de plomb empêche tout discours dissident d'émerger ; les controverses n'ont plus cours, toute discussion de fond sur les questions qui engagent l'avenir est interdite. Malheur à celui qui ose une parole politiquement incorrecte : la police de la pensée veille !

Les esprits réfractaires s'exposent à la fureur plaideuse des professionnels de l'antiracisme ; ils sont calomniés, vilipendés, discrédités, frappés d'ostracisme, et les faits qui contredisaient l'idéologie dominante sont passés sous silence. La liberté de pensée est réservée à ceux qui pensent comme tout le monde !

Nul doute que le succès foudroyant de la blogosphère s'est construit en réaction contre ce terrorisme intellectuel de l'intelligentsia de gauche : les petires gens en ont assez de la langue de bois et de la démagogie des bons sentiments ; ils sont las d'être bernés et méprisés en permanence. Le pronetariat se soulève contre les maîtres-censeurs !

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