En novembre, des observateurs se disaient effarés par la haine de certains émeutiers, mentalement prêts à tuer. Une autre sauvagerie s'est manifestée dans le train Nice-Lyon, le 1er janvier. Une poignée de voyous a pu terroriser 600 passagers et agresser sexuellement deux femmes. À ceux qui protestaient et donnaient l'alerte grâce à leur téléphone portable, la racaille lançait : «Tu vas crever, t'es mort». Ils étaient très virulents. «Je me suis rapidement fait insulter, traiter de colonisateur, de Gaulois. Ils m'ont craché dessus» rapporte un voyageur.

Deux suspects ont été arrêtés. Surtout, messieurs les policiers pas d'insultes, pas de coups ! Ils ont droit à la protection de la loi, au respect de ceux qui la représente et aux égards dûs à leur jeune âge. N'oubliez pas non plus les devoirs de l'hospitalité ! Et puis, il faut les comprendre, ils ne sont pas responsables : c'est la faute des dicriminations, de la fracture sociale et culturelle, de la faillite de l'école. Soyez indulgents, donnez-leur une seconde chance ! Ils se sentent déjà tellement humiliés, rejetés, exclus !

Les victimes ? Surtout, n'en parlons pas de peur de froisser la susceptibilité des bourreaux : ils pourraient prendre la mouche !

Les exactions perpétrées le 1er janvier dans le train Nice-Lyon ne sont pas des cas isolés. 3 700 passagers et 1 100 agents de la SNCF ont été agressés en 2005. L'inacceptable devient banalité. Insultes - «Va niquer ta mère!» - menaces - «J'aurai ta peau !», «On se reverra!» - bousculades, coups, gifles sont monnaie courante. Ce qui se passe dans les trains reflète la réalité extérieure et annonce les mutations en cours. Tout laisse à penser que dans quelques années le phénomène deviendra général.

On vit une époque formidable.

Ils ne respectent que la force